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ÉCRITURES

« L'écrit, envol tacite d'abstraction, reprend ses droits en face de la chute des sons nus... Même aventure contradictoire, où ceci descend ; dont s'évade cela : mais non sans traîner les gages d'origine »
Stéphane Mallarmé
Le Mystère dans les lettres
ÉCRITURE CUNÉIFORME
On  nomme : "écriture cunéiforme", une écriture dont les caractères qui la constituent ont les formes de coin ou de clou.
Un botaniste parti au Moyen-Orient explorer la flore en rapportait, en 1786, une pierre couverte d’inscriptions et d’images gravées, qu’il avait trouvée, disait-il, dans les ruines d’un palais au sud de Bagdad.
Le « caillou Michaux », du nom du botaniste, suscita des traductions fantaisistes, dont l’une des plus imaginatives commençait ainsi : « L’armée du ciel ne nous abreuve de vinaigre que pour nous prodiguer les remèdes propres à procurer notre guérison ». Le déchiffrement du cunéiforme nous permet aujourd’hui d’y lire une charte de donation de terre (un kudurru), rédigée en akkadien, gravée au XIIe siècle avant J.-C., près de Babylone. L’inscription donne les caractéristiques du terrain (superficie, localisation) dont un père dote sa fille à son mariage :

« 20 Kur d’emblavures, l’iku étant à un simdu, mesuré à la grande coudée, terroir de la ville de Kar-Nabu, sur le bord du canal Me-Kalkal [...] Nirah-Nasir, descendant de Habban, à Dûr-Sharrukîn-ayyitu,sa fille, fiancée de... etc. ».

Ce titre de propriété est   déposé dans un temple sous la protection du dieu Nabû, patron des scribes et maître des « tablettes aux destins », dont l'emblème animal, le serpent dragon, figure sur la stèle en deux registres superposés.

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ÉCRITURE CHINOISE
Les premiers témoignages historiques de l'écriture chinoise remontent à 1600 ou 1500 av. J.-C. Il s'agissait d'inscriptions sur os ou écailles de tortue utilisées dans un but divinatoire. Une question était inscrite sur une écaille ou sur un os qui était ensuite porté sur le feu. Les craquelures qui apparaissaient étaient interprétées par un devin. Ces premiers témoignages ont permis de recenser environ 5000 caractères. Bien que leur forme diffère grandement des caractères actuels, le principe de l'écriture était déjà le même qu'à notre époque. L'écriture était déjà bien structurée, ce qui fait penser que son origine est probablement antérieure aux premiers témoignages historiques. La tradition fait remonter l'invention de l'écriture chinoise au XXVIe siècle av. J.-C. par un ministre de l'empereur Huang di nommé Cang Jie. Il est cependant fort peu probable que l'invention d'une écriture aussi complexe soit l'œuvre d'un seul homme.

Les caractères décrits à l'époque précédente étaient de tailles inégales. Plusieurs versions d'un même caractère existaient. Vers 800 av. J.-C., une première tendance à la normalisation apparut. Cependant, le régime féodal sous les empereurs Zhou conduisit finalement à l'anarchie au niveau de l'écriture avec ses nombreuses variantes. Les témoignages de cette époque sont des inscriptions sur bronze. D'autres supports étaient en usage comme le bambou, le bois, la soie. L'écriture officielle à cette époque s'appelait da zhuan ("grand sceau").

L'unification de l'empire et un pouvoir central fort rendaient indispensable la normalisation de l'écriture. Les différentes variantes furent éliminées pour ne garder qu'une écriture officielle appelée xiao zhuan ("petit sceau"). Par la suite, l'usage du pinceau se généralisa, ce qui permit l'apparition de nouveaux styles comme le lishu (écriture de traits) et au début de notre ère le kaishu (écriture régulière), le xingshu (écriture cursive) et le caoshu réservé à la calligraphie. De nos jours, le kaishu et le xingshu sont toujours en usage.

Au fil des siècles, les supports et instruments d'écriture ont changé, ce qui a contribué à modifier profondément la forme des caractères. Les principes de base de l'écriture ont cependant peu évolué. Nous allons à présent les étudier.

Les caractères chinois sont composés d'une ou plusieurs unités d'écriture qui à l'origine constituaient des pictogrammes. Ces pictogrammes ont progressivement évolués vers une représentation plus stylisée, mieux adaptée à l'utilisation d'un pinceau. Comme nous venons de le voir, l'écriture chinoise traditionnelle telle qu'elle est en usage de nos jours, existe depuis des siècles. Bien que leur forme ait considérablement changé depuis l'apparition de ce type d'écriture, il est toujours possible, pour certains caractères, de reconnaître le pictogramme originel.
L'étymologie graphique constitue un bon moyen pour mémoriser la signification des différentes unités composant les caractères chinois.

   
ÉCRITURE ARABE
L’écriture arabe, comme l’hébreu, est issue de l’alphabet phénicien. Mais la filiation en reste obscure. Elle comprend 18 lettres qui, associées à des points, en font 29. Au début de notre ère, les Nabatéens du Nord de l’Arabie utilisaient une écriture qui n’était plus phénicienne, mais n’était pas encore arabe. Les premières inscriptions proprement arabes sont apparues en Syrie dans une dédicace trilingue (grec –syriaque -arabe) datée de 512 après J.-C. L’ère musulmane datée de la fuite de Mahomet vers Médine débute en 622. Les premiers textes du Coran ont été inspirés quelque dix ans auparavant et sont transcrits en écriture arabe vers 650. L’extension prodigieuse de l’islam à travers le monde répand l’écriture arabe en Afrique du Nord, en Asie Mineure, en Inde et en Chine orientale. L’arabe et le latin s’imposent à égalité au Moyen Age comme les deux grandes langues de culture.

Pour les musulmans, l’écriture a un caractère sacré, le prophète Mahomet a dicté la parole de Dieu sans intermédiaire. Aujourd’hui encore, dans les écoles coraniques des pays d’Afrique ou d’Asie où on parle d’autres langues, le Coran est enseigné dans son écriture arabe originelle. En raison de l’interdit religieux de représenter le visage de Dieu ou celui du Prophète, la calligraphie devint l’élément décoratif essentiel des mosquées et autres monuments.
Au cours de son histoire, l’écriture arabe a beaucoup évolué, s’adaptant aux supports et aux usages. Les calligraphes ont été amenés à créer, selon les époques et les lieux, un certain nombre de styles. En revanche, les manuscrits persans contiennent les figurations de personnages.

   
ÉCRITURE GRECQUE
Naissance: vers le Xème siècle avant J-C.Nombre de signes : l’alphabet grec comporte 24 signes

Sens de lecture :
- de droite à gauche ;
- en boustrophédon (alterné d’une ligne sur l’autre de gauche à droite puis de droite à gauche…);
- puis de gauche à droite.

Sur quoi ? : Les Grecs écrivaient sur des parchemins, sur des feuilles de papyrus et sur des pierres.Avec quoi ? : Ils écrivaient avec un pinceau de roseau qui permettaient d’écrire aisément, même sur la surface du papier rêche.

Où ?

1ère colonne: Les majuscules
2ème colonne: Les minuscules
3ème colonne: Les prononciations scolaires

   
ÉCRITURE HIÉROGLYPHES - ÉGYPT ANCIENNE
Le terme « hiéroglyphe » en Grec signifie «écriture sacrée». Les Grecs avaient été frappés par leur utilisation au service exclusif de la religion.

L'écriture hiéroglyphique est figurative, c'est à dire que les signes qui la constituent sont des images représentant les éléments de l'univers pharaonique traitées selon les conventions propres à l'art égyptien.

L’écriture est considérée comme l’acte créatif le plus important dans l’histoire de humanité  elle peut aussi à juste titre être considéré comme la base de la civilisation humaine. L’art de l’écriture est apparu a la fin du 4eme millénaire avant le Christ.
Il n'existe pas de doute que l’ hiéroglyphe est né des revues d'image, comme on peut encore la voir sur la plaque des "Narmer". Les plus vieilles inscriptions viennent du temps de l'union de royaumes, environ 3000 avant le Christ, et les derniers de l'année 394 datés après le Christ. La transition de l'écriture d'image jusqu'à la richesse de signe de l'écriture historique, doit s'être réalisée au cours de la courte période relative à environ trois générations.

Il faut remarquer encore qu'on pouvait a l’aide de cette écriture  grammaticalement tout écrire, conjuguer calculer, décliner et compter. L’ hiéroglyphe pouvait être lu de droite à gauche comme de gauche vers la droite ou aussi du  haut vers le bas, selon la composition d'image. La direction des têtes indique respectivement le début.