PRÉSENTER UN ÉXPOSÉ ORAL
L'exposé, à distinguer du discours et de la conférence, est sans doute l'exercice le plus fréquemment proposé aux étudiants, qu'il s'agisse de présenter un rapport, de commenter un film ou d'introduire à une réflexion. Ce terme désigne une intervention orale adressée à un auditoire composé au maximum d'une vingtaine de personnes dont on peut faire la connaissance en cours d'exposé.
Le terme discours désigne un type de communication qui s'adresse à un auditoire considéré comme un bloc anonyme, comme une foule; celui de conférence désigne un auditoire davantage considéré par son aspect fonctionnel et utilitaire. Il s'agit d'une réunion de personnes réalisée en vue de diffuser des informations dans un domaine relativement précis.
Trois qualités sont attendues de l'exposant :
- compétence : l'intervention se passe mieux lorsque l'exposant est perçu comme "plus fort" que l'auditoire.
- impartialité : l'auditoire adopte rapidement une attitude de rejet dès le moment où il a l'impression que celui qui veut le convaincre est partial.
- proximité : quelqu'un de trop lointain, de trop différent n'influence pas.
Puisque l'étudiant dispose de notes, il est utile de les rédiger sans ménager le papier et de disposer le texte de façon très aérée (double ou triple interligne) en y soulignant éventuellement les parties importantes, la structure, dans différentes couleurs. Le but est de vous permettre de trouver très vite le mot ou la phrase que vous risquez d'oublier.
Les notes ainsi préparées, l'exposant ne doit pas les lire en permanence, ce qui serait bien ennuyeux. Il vaut mieux, en effet, interrompre un exposé vivant, le temps de reprendre le fil, que dérouler un discours continu sans regarder son auditoire.
Le texte pour l'oral
C'est en fonction de la communication directe qu'il doit être élaboré. Le texte destiné à être dit ne se présente pas de la même façon qu'un texte destiné à être lu. Le texte écrit est parcouru par le lecteur à son propre rythme : il peut s'arrêter, reprendre, relire A l'oral, il n'en est pas question. Celui qui écoute décroche quand il ne comprend pas immédiatement.
Entre l'oral et l'écrit il n'existe aucune frontière nette. Tout au plus peut-on opposer l'écrit plus linéaire à la structure dynamique de l'oral.
Voici néanmoins quelques règles de transposition utiles pour les exercices oraux pratiqués à l'école:
ÉCRIT ORAL Phrases complexes Phrases simples, courtes Mots-outils, connecteurs Phrases juxtaposées Tous les temps de la conjugaison Pas de passé simple Nominalisations Verbes plus fréquents Formes actives, passives, négatives Formes actives, affirmatives Mots précis, substituts Redondances :répétitions, reprises, paraphrases A l'oral, ce sont les pauses qui délimitent les unités d'informations. Elles sont indispensables. Il vaut mieux laisser des pauses pour permettre à chaque auditeur de recevoir les informations.
Il est plus agréable d'écouter un exposé bien charpenté. Plus il sera didactique, plus il conviendra d'ailleurs d'en souligner à plusieurs reprises la structure afin d'aider les interlocuteurs à suivre plus aisément. Ce plan devra être parfaitement mémorisé même si vous pouvez disposer d'un aide-mémoire.
Installer la relation
Un contrat de communication est établi dès l'ouverture: l'exposant annonce à quel titre il s'exprime, de quoi il va traiter et comment. Il fait savoir aussi à son auditoire la manière dont il le considère.
Engager le sujet
Après une accroche destinée à capter l'attention, l'exposant annonce le sujet à traiter. Sans dévoiler l'essentiel, il balise l'exposé, il en annonce la structure générale. Il montre quel en sera, pour l'auditoire, l'intérêt.
progresser
Selon les signes d'attention que l'exposant reçoit, il apporte du contenu nouveau ou développe son propos.
dire la structure
Structurer un écrit c'est construire des paragraphes homogènes et progressifs. A l'oral, les paquets d'information " sont reconnaissables par des formules : annonce du plan, indications qui soulignent le passage d'un sous-thème à un autre
C'est évaluer, comme émetteur et comme récepteur, le fonctionnement de la communication en cours.
C'est prendre la décision de certains ajustements portant sur: l'espace et le temps, le corps, la voix, les propos; la relation, les supports.
interrompre la relation
Lorsque l'exposé se termine, l'exposant exprime que la relation n'est pas finie (même si elle l'est effectivement!) Quelques formules : je vous remercie, voilà, avant de nous quitter, un dernier mot, à une autre occasion...
a) le corps
- le regard : direction; fixité / mobilité
- les gestes: souligner le propos; interpeller l'auditoire; gestes parasites
- la posture : debout / assis; équilibre / tension / balancement;
- ouverture / fermeture
b) la voix
- le volume: faible / fort
- le débit: lent / moyen / rapide
- les pauses: rares / nombreuses; pleines / vides
- l'accent d'insistance plus ou moins contrasté.
c) le propos
- informations
- fiabilité : compétence, mention des sources
- pertinence: adéquation au thème
- structure: logique, chronologique, narrative, descriptive...
- cohérence: annonces et reprises
- expression linguistique
- lexique: abstrait/ concret; spécialisé / polyvalent; figuré / non figuré
- syntaxe P. simples / P; complexes;
- parataxe / subordination / coordination
- énonciation: marquée / masquée; modalisée / affirmée
- rhétorique :
- les arguments
- les figures de style
Employés à bon escient, les moyens audiovisuels accroissent considérablement l'efficacité d'une communication orale. Du plus simple au plus sophistiqué, vous pouvez vous servir d'une large panoplie d'auxiliaires : texte écrit distribué, documentation illustrée, tableau traditionnel ou à rouleaux de papier, diapositives ou séquences vidéo, son enregistré, rétroprojecteur.
Le plus en usage actuellement est le diaporama Powerpoint qui nécessite toutefois un projecteur multimédia présents dans tous les établissements scolaires. Une page de Fralica propose une marche à suivre.
Rappelez-vous quelques règles importantes sous peine d'annihiler les efforts de préparation que vous aurez fournis :
- La collaboration d'un assistant, à qui seront confiées les manoeuvres techniques, vous permettra de mobiliser toute votre énergie pour conserver l'attention de l'auditoire.
- La durée des séquences audiovisuelles doit être soigneusement équilibrée par rapport à celle de l'exposé en direct et adaptée à la faculté d'attention de l'auditoire. Il vaut mieux, parfois, grouper deux séquences courtes que d'interrompre à deux reprises votre exposé.
- Une répétition vous aidera à préparer une stratégie de reprise en main de l'attention après chaque séquence.
1. Se poser quelques questions.
À quel type de public s'adresse-t-on ?
Quel est l'objectif de la communication :
informer, susciter une action, émouvoir, étonner, provoquer...?
Quelle est la durée de l'intervention ?
2. Établir une structure narrative.
Inventorier et disposer les informations à transmettre.
3. Accrocher et clôturer
L'accroche doit introduire le sujet, en le résumant, en suscitant le suspens, l'émotion, en stimulant l'intérêt de l'auditoire.
La chute boucle la boucle ou élargit le sujet.
4. Écrire pour l'oral
Raccourcissez les phrases (12 à 15 mots) ou découpez-les en plusieurs unités plus petites.
Préférez des constructions juxtaposées : la présence de mots-outils signale que l'information est trop concentrée pour l'oral.
Utilisez la forme active
Préférez le verbe au substantif dérivé.
Utilisez la forme positive et évitez les doubles négations
Cherchez un langage oral, évitez les mots peu utilisés ou littéraires.
Rassemblez clairement les informations techniques et limitez les chiffres compliqués.
5. La voix.
Poser sa voix (ni trop aiguë, ni trop grave) évite la fatigue.
Moduler sa voix favorise le rythme, la puissance et l'intonation
Pour bien réguler le débit, il faut soumettre le rythme de la parole à celui de la respiration. Installer des pauses.
Le rythme doit organiser le sens du texte en soulignant les mots qui ont plus de valeur que d'autres.
6. Le corps
Le corps parle, il complète l'information énoncée, amplifie une émotion, une expression (privilégier les attitudes d'ouverture).
Le corps par sa mobilité exprime celle de la pensée, renforce le sens de ce qui est dit, le souligne, le met en valeur.
7. Le regard
Le regard est un lien, un moyen de communication. Si on regarde son auditoire, on parle avec plus de force, de persuasion, que si on reste le nez dans ses papiers. De plus on perçoit mieux la nécessité d'un réajustement.
8. Les gestes
Les gestes accompagnent la parole, renforcent son sens ou l'illustrent et contribuent ainsi à l'efficacité du message.
Les nombreux gestes parasites (tics) sont à proscrire.