homepage

   

TYPES DU LANGAGE

Langage humain et Langage animal

Effectivement Descartes distingue le langage comme système de signes et, la capacité vocale. Descartes insiste donc: le langage est signe de pensée. Ce n'est pas une réaction car il fonctionne indépendamment d'une excitation, d'un stimulus. Non seulement le langage n'est pas un comportement mais il a un aspect créateur comme toute pensée.

Le langage animal est très bien adapté à l’expression de certaines situations naturelles, tellement d’ailleurs que cela marque ses limites les plus étroites. Tout à l’inverse, les mots humains possèdent une immense souplesse d’emploi qui les rend capable de quasiment tout dire, sans se limiter à quelques situations d’expérience bien repérées dans la Nature.
Le langage chez l’animal, est inné, héréditaire, toujours le même pour une même race d’abeilles ou d’animaux. Il ne s’est guère modifié depuis des millions d’années. Il relève de l’hérédité biologique.

Le langage humain par contre est acquis, il est enseigné et l’enseignement passe justement par l’acquisition de signes. Il relève donc de l’héritage culturel et non pas de l’hérédité biologique. Il a connu des changements très importants dans l’histoire, à un rythme qui est beaucoup plus rapide que celui de la Nature. Le langage est en constant devenir dans l’histoire des hommes.

On dit que le langage animal est dépourvu d’articulation et que le langage humain est articulé. Cela implique que les éléments du langage animal sont très stéréotypés et ne peuvent pas se décomposer pour être utilisés différemment dans un autre énoncé. La direction et la distance de l’objet figuré dans la danse ne sont pas séparables du bloc que forme l’information. Ce genre de signe ne ressemble pas à des mots que l’on peut déplacer dans d’autres contextes, que l’on peut prendre au sens propre ou au sens figuré etc. Un discours humain peut s’analyser avec précision dans des termes très identifiables. Bref, le mot a une remarquable aptitude à symboliser une pensée complexe, ce qu’un système de signaux ne peut pas faire.

La culture occidentale nous a habitués à valoriser surtout l’intelligence abstraite, celle du concept ; aussi, quand on se tourne vers l’animal, on voudrait qu’il soit intelligent à notre manière, on aimerait le voir faire des opérations mathématiques ou s’exprimer dans un langage conceptuel comme le nôtre. Comme il n’y parvient pas, on déclare un peu vite que l’animal n’est pas intelligent. Si nous ne pouvons pas comprendre le langage des animaux, ce n’est pas parce qu’ils n'ont pas de pensée, ce n'est pas parce qu'ils ne communiquent pas, mais que l’homme ne parvient qu'avec difficulté à penser une intelligence qui n'est pas modelée sur le modèle de la sienne. Par opposition à la langue humaine, qui nous sert de référent dans la comparaison, le langage animal est assez pauvre, stéréotypé. Il est erroné de croire que les animaux signifient comme les êtres humains, sous la forme de phrases, en manipulant des concepts, et élaborant une représentation. Ce qu’il faut comprendre par contre, c’est que beaucoup d’espèces animales manifestent un très haut degré de formes d'intelligence qui ne sont pas forcément développées chez l'homme. Le dauphin a une conscience très aiguë de ses proches, il est à tout instant prêt à leur porter secours. Il perçoit avec un sonar, comme en volume et garde avec son environnement une conscience d'unité, là où l'être humain pense et perçoit dans la séparation. Certaines espèces animales sont douées d’une ingéniosité remarquable. Le castor possède un sens étonnant de la fabrication des digues. Il sait organiser une structure, repérer si elle est correcte ou pas, la réparer dès qu’un défaut apparaît. Beaucoup d’oiseaux savent faire des noeuds, ce dont les singes semblent incapables. Certains insectes tissent comme l’être humain et avec un soin tel que l’on croirait les coutures faites à la machine à coudre.

Même si l’animal ne s’aventure pas de lui-même en dehors de la pensée immédiate, il est important de reconnaître l’intelligence, la richesse et la complexité de la pensée immédiate. N’en déplaise aux partisans du paradigme du mécanisme, l’homme n’a pas le privilège de l’intelligence, de la sensation, de la mémoire et des sentiments. L’animal est capable de souvenirs, d’émotions, de frustration, de jalousie, et d’attachement. Rousseau d'ailleurs admettait que c'est par la liberté que l'homme se différencie de l'animal et non pas la pensée. Parce que l’animal est déjà une Vie qui s’éprouve elle-même, il enveloppe déjà la dimension de l’affectivité. L’erreur serait de conserver une conception trop réductrice de l’intelligence. Chaque espèce vivante est dotée d’aptitudes et de moyens d’information qui lui sont propres. Il vient de l’homme, le singe ne l’invente pas. On s’étonne alors du fait que, lorsqu’il s’en sert, c’est surtout pour exprimer un besoin et non pour tenter une « réflexion » à l’image de l’homme. Le chimpanzé n’arrive pas à établir un raisonnement causal. Il ne sait pas utiliser une syntaxe. Il peut manipuler des mots, sous la forme de morceaux de plastique, mais il ne parvient pas à les manipuler pour faire des phrases cohérentes, ce que l’enfant sait faire très vite. Il est pourtant assez ingénieux, capable de se servir d’un outil et de résoudre des problèmes pratiques. La femelle chimpanzé apprend à son petit comment on prépare un bâton et comment on l’utilise pour manger des fourmis avant d’être attaqué. L'intelligence n'est pas enfermée dans la manipulation des concepts, elle l'excède, l'intelligence créatrice dans la Nature ne se limite par à l'intelligence conceptuelle chez l'homme.


ORIGINE DU LANGAGE

Notre société a complètement assimilé le langage comme partie intégrante de l'être humain. C'est même l'un des éléments rassurants qui peut nous différencier des autres animaux. Le sujet des origines du langage reste toutefois complexe. Le fait de parler ne laisse, de façon directe, ni traces, ni fossiles ! Les scientifiques sont donc obligés de recouper différentes informations déjà recencées avec des études actuelles.

Quand est apparu le langage ? Depuis le 17e siècle la question se posait : depuis quand l'homme utilisait-il le langage articulé ? De nombreuses théories ont été avancées dont certaines très farfelues. Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que le veto fut levé et que l'origine du langage devint un sujet d'étude. Dans les années 80 la majorité des scientifiques penchaient vers une origine du langage plutôt tardive, il y a 40 000 ans. Cette période était également celle de la "révolution symbolique" (développement des arts avec les grottes ornées, des outils de plus en plus perfectionnés et des sépultures). Il est maintenant permis de penser que les origines du langage sont beaucoup plus anciennes. Les dernières études sur les aptitudes anatomiques des premiers hominidés repoussent les prémisses du langage à 2 millions d'années.

Le langage serait apparu avec Homo sapiens il y a 150000 ans environ. Cette hypothèse s'appuyait notamment sur l'étude de l'appareil vocal (larynx, pharynx, tractus vocal) et montrait que ni l'anatomie des australopithèques, ni celle des Homo erectus ne permettaient d'articuler des sons. On en a déduit que seul Homo sapiens avait pu parler. L'avènement récent du langage semblait confirmé par l'apparition concomitante d'autres phénomènes culturels survenus vers -100000 ans : l'art, les sépultures, l'accélération des innovations techniques. Autant de signes de présence d'une capacité symbolique qui aurait accompagné le langage.

Des recherches sur l'anatomie du cerveau suggèrent également de reculer les dates d'apparition du langage. Depuis -2,5 millions d'années jusqu'à aujourd'hui, on constate, chez tous les Homo, une augmentation continue de la taille du cortex frontal et temporal, là où sont centralisées les activités de conceptualisation, de planification et de langage. Ralf Holloway a repéré sur un crâne d'Homo habilis la présence embryonnaire de l'aire de Broca, une des zones cérébrales de production du langage.

Pendant longtemps, une thèse a prévalu dans les sciences humaines (anthropologie, linguistique) : le langage était une " invention" humaine, au même titre que la technique, l'art ou plus tard l'écriture. L'être humain est considéré comme un être culturel" par nature". N'ayant que peu de conduites instinctives, ce sont l'invention et la transmission culturelle qui dirigent ses conduites.

L'aptitude la plus fondamentale de son cerveau serait de découvrir et d'apprendre. Dès lors, cette aptitude créatrice lui a permis un jour d'inventer le langage. Globalement, l'origine du langage est identifiée à celle de l'origine de la culture. C'est un produit social et collectif dont l'origine doit être cherchée clans la société et non dans le cerveau individuel .